Un parti pris à éviter
Ce film est comparable à un couscous en famille : au début, l’ambiance est joyeuse, on commence à manger, puis rapidement c’est un peu lourd.
Les mouvements de caméra ne sont pas plus légers. Abdellatif Kechiche a voulu réaliser un documentaire-fiction, dans la lignée de l’Esquive. Sauf qu’ici, le résultat nous donne l’impression d’une création digne d’un amateur. Son parti pris continu avec des séquences beaucoup trop longues, où l’on se demande quand cela va s’arrêter ; cela donne une esthétique déplaisante.
La bande-son qui mélange bruits ambiants et musique orientale dans certaines scènes est intéressante.
On peut également saluer la performance des acteurs : Habib Boufares, Hafsia Herzi, Faridah Benkhetache et le scénario qui renforce la perception des rapports entre les gens qu’ils soient cadres, ouvriers, immigrants, jeunes ou vieux.
L’histoire est simple et de plus en plus habituelle actuellement : un homme âgé licencié après 10ans de service sur les docks, sans argent, veut ouvrir son restaurant à l’aide de sa famille. Il va devoir se confronter au monde impitoyable de l’administration, des banques et du voisinage. Va-t-il réussir ?
Toutefois, la séquence de la danse du ventre n’est absolument pas crédible, elle est gênante. Cette scène montrant des hommes âgés regardant et se frottant contre une jeune fille mineure n’est pas réaliste. Il ne faut pas oublier que cette danse à pour origine des pays où la beauté et la sensualité sont permises quand elles ont un but artistique. La danse orientale n’est pas un strip-tease.
La graine et le mulet est touchant par ses scènes du quotidien difficile, cependant, la mise en scène ressemble plus à celle de certains reportages diffusés sur ARTE ou France 5, qu’à un long-métrage de fiction.